Gecya Peintre de l’émotion

11 septembre 2009 par admin  
Classé sous Art & Artisanat, Artistes

Gecya Peintre de l’émotion

Adepte des supports vivants, Gecya a fait de la palme de coco sa matière première. Sur ces toiles en fibre naturelle, elle peint des visages métissés tout droit sortis de son imagination. Un travail subtil centré sur l’émotion.

C’est sur les hauteurs de Deshaies, dans un lieu insoupçonné, que Gecya a posé ses valises, il y a six ans. Dans cet environnement habité de diverses essences et notamment de palmiers, l’artiste puise sa matière première. « Je suis entourée de mon support », explique-t-elle.

Après avoir travaillé au crayon de couleur sur du papier de soie, c’est sur des palmes de coco – un support très utilisé dans l’artisanat guadeloupéen – que Gecya a choisi de s’exprimer, sans pour autant s’y cantonner. Ainsi la toile de jute, les sacs de café et les papiers divers et variés – de soie, à musique, amate – ont aussi ses faveurs. « J’ai toujours aimé les supports vivants, actifs », justifie-t-elle.

C’est dans une petite pièce, dos à l’espace, que l’artiste a installé son atelier. Accrochées aux murs telles des photos qu’on vient de développer, quelques-unes de ses esquisses côtoient des tampons à batik ramenés de ses divers voyages.

Sans doute parce que dans une autre vie, elle était enseignante, Gecya explique son travail avec minutie, pédagogie, préférant un mot plutôt qu’un autre.

Ses toiles sont à son image, fines, douces et subtiles comme la palette des teintes

à la fois réduite mais riche, qu’elle utilise. Les couleurs vives sont volontairement exclues : « elles risqueraient de distraire l’œil, indique Gecya. Or ce qui m’intéresse, c’est l’émotion (…). J’utilise huit à dix nuances en plus des tons naturels de la toile ». Une subtilité qu’on devine à peine au premier regard. Il faut scruter la toile avec attention, la pénétrer au plus profond pour distinguer les trois blancs qui donnent à l’œil son relief ou pour se rendre compte de l’importance du support. Du tissage de la palme et de ses nuances naît le portrait. « La palme est active, tissée serrée ou plus large. Elle est épaisse ou très fine. Il faut une belle qualité de tissage, mais s’il y a des impuretés, des imperfections, je m’en sers. Le choix de mon support oriente tout mon travail » précise t-elle.

Sur la palme tendue, les visages métissés que Gecya affectionne particulièrement prennent vie, incrustés en filigramme  dans cette toile naturelle, faisant corps avec elle. Hommes au visage brut, femmes aux traits fins, vieillards au teint buriné, marqué par le soleil et le vent  : les grains de la palme se confondent avec ceux de la peau. L’imagination de Gecya fait le reste… « Il n’est pas possible de faire poser quelqu’un car très vite un phénomène d’ennui s’installe, indique l’artiste. Ce que j’aime, c’est l’instantané, c’est capter un regard. Je pars donc de photos, mais je ne conserve que l’expression. Je m’approprie le reste, je transforme des portraits réels ».

Chaque temps de séchage permet à l’artiste de prendre du recul, de redécouvrir son travail avec un regard neuf, pour l’améliorer, l’amender, le parachever, d’où son habitude de travailler plusieurs toiles en parallèle.

Il ressort de ce travail minutieux une galerie de portraits très classiques. Mais en parant ses palmes de graines, de bois flotté, de vieilles cornières ou de fer à béton, Gecya ancre résolument ses œuvres dans l’art contemporain.

> Contactez Gecya au 06 90 81 48 73.

Vous pouvez aussi visionner quelques-unes

de ses œuvres à la galerie Imagin’Art à

Nogent Sainte-Rose