Maril: Une artiste à découvrir
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3 septembre 2009 par admin
Art & Artisanat, Artistes
Maril a toujours peint pour elle sans se douter qu’elle était une véritable artiste. Pourtant ses toiles longtemps dissimulées aux regards indiscrets suscitent l’intérêt… Et l’émotion.
Dans la rue qui mène au Fort Napoléon, entre la savonnerie et le restaurant Solé Mio, Maril tient une petite boutique de vêtements. Mais dès le rideau tiré, elle rejoint le monde virtuel qui peuple son imagination. Ne vous y trompez pas : « Maril » n’est pas un avatar de Second Life ; c’est une artiste peintre qui a écumé la planète avant de poser ses pinceaux à Terre-de-Haut aux Saintes, il y a trois ans.
Après une carrière de dix ans comme graphiste dans les agences de pub, la jeune femme part à l’étranger. Elle s’installe durant trois années à Madagascar. L’aventure, c’est ça qui l’intéresse et la stimule. « J’aime être déracinée, avoue-t-elle. C’est aussi une façon de vivre plusieurs vies dans une seule existence. Je travaille au gré des opportunités. Je ne me cantonne pas à un seul métier ». Mais partout elle peint. Pour elle avant tout. « Peindre, c’est un besoin psychologique et spirituel », explique-t-elle. « C’est indispensable car c’est en même temps un travail sur moi. Quand je peins, je m’évade complètement. Je suis à l’instant présent dans ma peinture, je suis bien dans ce que je fais. C’est un vrai moment de quiétude ».
À Saint Barth où elle a résidé neuf mois avant de revenir à Terre-de-Haut, elle expose à « Porta 34 » puis monte elle-même une galerie d’art avec une amie. « Cette expérience m’a permis de faire de belles rencontres, tant d’amateurs que de peintres reconnus ». D’ailleurs, l’un d’entre eux m’a dit : « Toi, tu es une vraie artiste et tu ne le sais pas. » Un jugement conforté par une collectionneuse qui lui déclare d’emblée en voyant ses toiles : « Votre peinture m’intéresse. »
Avec l’âge, Maril prend confiance en elle et évolue. Sa peinture aussi. « Au départ je peignais des choses plus concrètes. Je me suis affirmée en fonction des épreuves que j’ai traversées dans ma vie. »
Ses toiles aujourd’hui plus abstraites et très colorées sont inclassables. Mais elles reflètent une réelle joie de vivre, un optimisme symbolisé par une fenêtre qui se retrouve dans la plupart de ses tableaux. « La fenêtre signifie que rien n’est fixe, rien n’est défini. Il y a toujours une ouverture vers autre chose. »
Maril peint par terre. Elle étend des rouleaux de toile de 10 m de long et de 2 m de large. Mais il est rare qu’elle puisse s’exprimer uniquement dans le cadre rigide que lui impose la surface d’un tableau. Son inspiration l’amène souvent à déborder de l’espace qu’elle s’est pourtant imposé. C’est pourquoi ses toiles vont souvent par deux. Elle les découpe ensuite et les sépare.
« Quand je commence une toile, je n’ai pas d’idée très précise. Je pars à l’aventure comme dans ma vie », déclare-t-elle.
Finalement, l’art a permis à Maril de mieux se connaître. « Il y a une harmonie qui s’installe entre la peinture et soi. Je suis très sensible aux émotions profondes. Aujourd’hui, je crois que je suis arrivée à un point de maturité. Je ressens une unité dans ce que je fais. Et finalement ma peinture me ressemble vraiment ».



