La table de Nina (Marie-Galante)
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2 septembre 2009 par admin
Nos bonnes adresses, Où manger?
Si vous n’aviez pas de raison de vous rendre à Marie-Galante, en voici une excellente : un dîner au Zagaya ! Il faudra du coup louer une chambre et passer au moins une nuit sur la grande Galette car ce restaurant d’exception n’est ouvert que le soir. Mais l’adresse vaut vraiment le voyage ; et ce sera sans doute un véritable coup de cœur culinaire, mais également humain, qui vous enivrera.
À Marie-Galante, tous les chemins et tous les bons conseils mènent au Zagaya. Dès la nuit tombée, ce petit restaurant abrité des regards par des claustras de bois, déploie sa guirlande de lumière sur la route qui monte dans les hauts de Capesterre, le bourg-carrefour de l’île.
Ici, on se régale autant du contenu des assiettes et autres petits bols que de l’atmosphère et de la gentillesse de Marine et Nina qui tiennent l’établissement. Tout vous séduira : la décoration soignée dans la salle comme sur les tables, la carte aux senteurs du bout du monde, les arômes et parfums des assiettes qui circulent à bout de bras et que l’on déguste d’abord des yeux.
Installée sur l’île depuis 21 ans, Nina se consacre à nouveau totalement à sa passion, la cuisine, après avoir tenu quelques années l’hôtel le Zagaya dont la table d’hôtes raffinée était réservée aux clients et amis. Il y a deux ans, Nina et Marine revendent l’hôtel mais conservent le restaurant. Car la gastronomie chez Nina, c’est une histoire d’amour… Et de famille.
Son père, chef de cuisine à Nice, obtient en son temps une étoile au Michelin. Quelques années plus tard, Nina diplômée de l’école hôtelière de Nice ajoute un 2e sésame à l’enseigne avant de quitter la Côte d’Azur pour venir s’installer à Marie-Galante. « Par choix », précise-t-elle. « À Nice, nous avions un garçon de cuisine originaire de Marie-Galante. Il nous invitait régulièrement à venir passer des vacances chez lui. La première fois que je suis venue ici, j’avais cinq ans ».
C’est donc ici, loin des turpitudes de la Côte d’Azur qu’elle se pose. À Grand-Bourg, elle ouvre le Maria-Galanda qu’elle tient pendant sept ans. Puis elle part à St Barth rejoindre son fils qui ouvre aussi son restaurant. Elle y reste quatre ans ; lorsqu’elle revient à Marie-Galante, le Zagaya qui a été construit par l’un de ses amis décédé, périclite. L’établissement a été repris deux fois mais jamais vraiment exploité. Marine et Nina se lancent.
Nina mitonne une cuisine qui lui ressemble, aux influences de l’Océan indien (elle est réunionnaise par sa mère), antillaises et niçoises. Une cuisine raffinée qui plaît beaucoup. « Ce sont des saveurs différentes de ce qu’on a l’habitude de manger », explique-t-elle. Pour ne pas cacher le goût des autres condiments, elle sale et sucre très peu.
Au menu de la nouvelle carte, on pourra en apéritif déguster des sushi, puis choisir un poulet fumé au miel de pays, un trio de la mer pêché du jour, un tartare soubito et bien d’autres spécialités comme les accras aux mangues que Nina se fera un plaisir de vous conter avant que vous ne fassiez votre choix.
Mais pour faire du bon, il faut d’abord de bons produits. Malgré la double insularité, Nina se débrouille. Elle trouve la plupart des ingrédients dont elle a besoin sur place. Le poisson bien sûr que lui ramènent les pêcheurs. « Ils savent ce que je veux et viennent tous les jours me proposer le fruit de leur pêche. Par exemple, je ne prends que des langoustes attrapées au lasso ». Idem pour les légumes « Pendant des années, Marie-Galante a été le jardin de la Guadeloupe. Dans les campagnes, il y a de très bons légumes, des concombres, des tomates extraordinaires, de l’oseille et des épinards merveilleux ».
Mais elle n’hésite pas, lorsqu’elle ne trouve pas ce qu’elle veut, à faire appel à ses propres réseaux et à employer les grands moyens. C’est toute la famille qui est alors mise à contribution. « Mes enfants ainsi que trois de mes huit sœurs travaillent aussi dans la restauration. Alors on s’échange des produits », raconte Nina. J’envoie des mangues par avion, eux de l’huile d’olive… En saison, ils viennent ici m’aider. Ils apportent un coup de jeunesse et leur touche provençale… ».
Nina a également gardé contact avec quelques-uns de ses anciens fournisseurs en Provence ou dans le Sud-Ouest réputé pour ses confits de canard. Et parfois même, la chef n’hésite pas à passer commande à … Rungis ! « Je choisis le mercredi soir par internet ; le jeudi, ma commande arrive en avion cargo à Pointe-à-Pitre. Elle est récupérée par un camion réfrigéré qui me la livre le vendredi matin au restaurant ».
Forcément, quand on se donne autant de mal, cela ne peut être que bon…
Téléphone: 05 90 97 37 84
Ouvert tous les soirs à partir de 19h30



